L’année 2025 restera dans les annales du marché automobile français comme une période charnière marquée par une baisse générale des ventes, une mutation vers de nouvelles motorisations et une recomposition des préférences des acheteurs. Après une décennie d’incertitudes économiques et de transformations législatives, le marché des voitures neuves subit encore les contrecoups de la conjoncture, tout en amorçant doucement une transition vers l’électrique.
Un marché en recul mais pas sans signaux positifs
Sur l’ensemble de l’année 2025, les immatriculations de voitures particulières neuves en France ont atteint environ 1,63 million d’unités, soit une baisse d’environ 5 % par rapport à 2024. Cela représente près de 580 000 voitures de moins vendues qu’en 2019, avant la pandémie et la période d’inflation qui s’en est suivie.
Cette baisse globale est le fruit d’un contexte économique tendu : incertitudes sur le pouvoir d’achat des ménages, coût du crédit plus élevé, et un marché de l’occasion particulièrement attractif qui détourne une partie de la demande vers des véhicules déjà immatriculés.
Evolution des immatriculation depuis 1970
source l’argus
Les marques françaises se démarquent… mais le marché reste fragile
Malgré ce climat difficile, certaines marques tirent leur épingle du jeu. Renault arrive en tête des ventes, avec près de 285 000 immatriculations et une part de marché de 17,5 %, en progression par rapport à 2024. Citroën et Dacia, également sous l’ombrelle du groupe Stellantis ou de Renault Group, affichent des résultats mitigés mais restent bien positionnés dans le top des ventes, selon L’Argus.fr.
À l’inverse, des marques comme Tesla ont connu une forte chute de leurs immatriculations, avec une baisse d’environ 37 % en 2025 en France, selon les données du marché.
Cette situation reflète une évolution des préférences des consommateurs français, moins séduits par certains acteurs internationaux qui peinent à renouveler leurs gammes dans un environnement très concurrentiel.
L’électrique et l’hybride, fers de lance de l’évolution du marché
Un des grands enseignements de 2025 est la montée en puissance des motorisations alternatives. Si le marché global recule, la part des voitures électriques (VE) et des hybrides ne cesse de croître, signe d’un véritable tournant.
Selon les données disponibles, les voitures électriques ont régulièrement atteint des parts de marché records tout au long de l’année. En octobre, par exemple, elles représentaient près de 24 % des immatriculations, soit presque une voiture neuve sur quatre vendue avec une motorisation 100 % électrique.
L’augmentation de cette part est portée par des dispositifs incitatifs innovants, notamment le “leasing social”, un système de location longue durée à prix réduit destiné aux ménages modestes, qui a significativement boosté les commandes de modèles électriques populaires comme la Renault 5 E-Tech ou la Peugeot e-208.
Par ailleurs, la combinaison des hybrides (classiques et rechargeables) dépasse désormais les ventes de voitures thermiques classiques. Cette tendance illustre un changement durable dans le comportement d’achat, où les automobilistes font progressivement confiance à des motorisations plus propres sans pour autant systématiquement basculer vers l’électrique pur.
Facteurs structurels et défis
Plusieurs facteurs expliquent cette transformation du marché :
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Subventions et fiscalité : Le gouvernement a modifié les aides, remplaçant l’ancien bonus écologique par de nouvelles incitations au sein du dispositif des certificats d’économie d’énergie, rendant les voitures électriques plus attractives pour les ménages.
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Coût des carburants et environnement réglementaire : La pression réglementaire et les zones à faibles émissions (ZFE) dans les grandes villes continuent de décourager l’achat de voitures diesel ou essence.
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Concurrence sur le marché de l’occasion : La robustesse du marché de seconde main détourne des acheteurs potentiels du neuf, particulièrement sensible à l’évolution des prix.
Perspectives pour 2026 et au-delà
L’année 2025 pose les bases d’un marché qui reste instable mais évolutif. À court terme, les constructeurs devront continuer à adapter leurs gammes, tout en renforçant leur offre électrique et hybride pour répondre à une demande qui se réoriente. À moyen terme, l’industrie automobile française, qui constitue un pilier de l’économie, fait aussi face à des défis structurels, notamment sur l’emploi et la production.
En définitive, 2025 est une année qui illustre à quel point le marché des voitures neuves en France est à la croisée des chemins : entre crise conjoncturelle et mutation technologique, le secteur amorce sa transition vers un avenir plus propre mais aussi plus exigeant.











