Le marché automobile français a commencé l’année 2026 sur un ton nettement négatif. En janvier, les immatriculations de voitures neuves ont reculé de 6,55 % par rapport à janvier 2025, avec 107 157 voitures particulières neuves enregistrées sur le mois. Un niveau qui n’avait pas été observé pour un mois de janvier depuis quinze ans, hors période de crise des semi-conducteurs. Ce recul, constaté par la Plateforme Automobile (PFA), traduit une demande toujours poussive dans l’Hexagone, malgré les efforts de relance et une situation macroéconomique moins tendue qu’en 2024.
Chiffres clés et dynamique par constructeur
Le recul observé en janvier est généralisé, avec 107 157 unités immatriculées dans l’Hexagone, soit près de 7 500 voitures de moins qu’en janvier 2025.
Du côté des constructeurs, les résultats sont contrastés :
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Le groupe Stellantis (regroupant Peugeot, Citroën, DS et Opel) voit ses immatriculations reculer d’environ -2,7 % en France, impacté notamment par une baisse des ventes de Peugeot (-8,2 %).
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Le groupe Renault enregistre une légère progression (+1,1 %), portée par les ventes de la marque Renault (+20,7 %) tandis que Dacia baisse fortement (-33,9 %).
Malgré la conjoncture morose, certains modèles se distinguent encore chez les Français. Le classement des modèles les plus immatriculés en janvier 2026 met en avant une forte présence de citadines et de polyvalentes :
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Peugeot 208 : 6 437 unités
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Renault Clio V : 4 429 unités
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Peugeot 2008 : 4 015 unités
Ces résultats confirment que les petites voitures polyvalentes restent attractives, notamment dans un environnement où les consommateurs cherchent à limiter leur budget tout en profitant des dernières technologies embarquées.
L’électrification progresse mais ne sauve pas le marché
Malgré la baisse générale, le segment des véhicules électriques poursuit sa montée en puissance dans le mix des immatriculations. D’après plusieurs rapports, la part des voitures 100 % électriques neuves aurait atteint des niveaux historiquement élevés en janvier, autour de 28 % du marché, grâce notamment à des dispositifs d’incitation et programmes comme le leasing social encore en cours de déploiement.
Pour autant, cette progression n’a pas suffi à compenser le ralentissement global. La demande reste tirée par quelques modèles phares (comme certaines Renault électriques), tandis que d’autres acteurs (comme Tesla) connaissent des replis marqués de leurs immatriculations.
Facteurs structurels et perspectives de relance
Plusieurs facteurs structurels continuent de peser sur le secteur automobile en France :
le coût élevé des véhicules neufs, l’évolution des taux d’intérêt qui pèsent sur le financement, ou encore la fin partielle de certaines incitations fiscales jusqu’alors favorables à l’achat.
Pour relancer le marché, les constructeurs multiplient les stratégies tarifaires (réductions, offres de leasing, etc.), tandis que les pouvoirs publics sont incités à renforcer les mesures d’accompagnement de la transition vers des motorisations plus propres. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si le marché peut sortir de cette phase délicate ou s’il subit encore les effets d’un contexte économique et réglementaire en mutation.











